Il fallut un jour limiter la vitesse automobile

Au temps où la vitesse était limitée à…7 km/heure

Alors que le radar pédagogique – comme son nom l’indique – incite les automobilistes à lever le pied dans les rues de la ville de Condrieu, Dominique Grubis-Brun nous parle d’un temps, le tout premier, où la vitesse fut limitée par arrêté municipal.
 
L’arrêté :
 
Le Maire de Condrieu le 1er juillet 1904 prendra l’arrêté́ ci-dessous :
Nous Maire de la Ville de Condrieu,
Vu les articles 97 et 98 de la loi du 5 avril 1884,
Vu les articles 14 du décret du 10 mars 1889,
Vu l’article 15 de la loi du 27 frimaire An VIII, les articles 7, 8 et 9 de la loi du 29 mars 1832, l’article 9 de la loi du 24 mai 1834, les articles 27 et 46 de la loi du 28 avril 1916,
Vu les plaintes nombreuses qui nous sont parvenues,
 
Attendu que les automobilistes, par la vitesse exagérée de leur course, tant dans les rues étroites de la ville, que surtout sur la route nationale n° 86, constituent un danger permanent pour les personnes qui ne trouvent plus sur la voie publique la sécurité́ à laquelle elles ont droit et qui sont dans l’impossibilité́ presque de se préserver des accidents.
 
Attendu que les conducteurs de ces véhicules causent journellement des préjudices aux habitants en écrasant les animaux domestiques et en évitant toujours par une fuite rapide la responsabilité́ encourue et la réparation pécuniaire du préjudice commis.
Considérant que les mesures prises par nous ne sauraient nuire à l’industrie automobile,
 
Considérant que nos routes doivent offrir le plus de sécurité́ possible aux travailleurs des champs et qu’il convient que la circulation soit règlementée pour éviter des accidents possibles.
 
 
 
 
 
 
 
Arrêtons :
 
Article 1er : Les conducteurs d’automobiles, voitures, voiturettes et de tous autres véhicules actionnés par des moteurs mécaniques à pétrole, à vapeur, à l’électricité, etc, devront dans la traversée de la ville, des faubourgs et des route nationale – du pont de Bassenon au pont de la Maladière – ne pas dépasser la vitesse d’un cheval au petit trot, soit sept* kilomètres à l’heure environ.
 
Article 2 : Les conducteurs d’automobiles devront s’arrêter aussitôt qu’ils en seront requis par les gendarmes ou autres agents assermentés chargés de veiller à l’exécution du présent arrêté. En cas de refus, ils seront passibles des peines portées par l’article 15 de la loi du 27 Frimaire An VIII.
 
Article 3 : Aussitôt l’approbation du présent arrêté, il sera placé, à l’entrée de la commune à Bassenon, à la Maladière, au Port et Route de Rive de Gier, des plaques indicatrices portant ces mots : Automobiles ! vitesse sur Condrieu 7 km à l’heure (arrêté du 1er juillet 1904).
 
Monsieur le Maréchal des Logis de gendarmerie de Condrieu, le Garde champêtre et tous les agents de la force publique sont chargés de l’exécution du présent arrêté.
* dix cette addition et la rature d’un mot nul et approuvé. Le Maire M. Verrier Fait et dressé en Mairie de Condrieu le 1er juillet 1904
 
Le Maire M. VERRIER
Vu pour exécution immédiate.
Lyon le 16 juillet 1904
Pour le Préfet du Rhône et par délégation Le Secrétaire Général pour la police Signé : illisible
 
Repères :
< Le radar pédagogique est un investissement commun aux trois communes – Ampuis, Tupin & Semons, Condrieu – qui ont mutualisé leur police municipale. Il « tourne » sur les trois territoires.
< Dominique Grubis-Brun a souci d’éclairer l’actualité de Condrieu et la région en l’enracinant dans le terreau de l’histoire passée. Elle alimente de ses recherches et de ses trouvailles dans les documents d’archives, presses anciennes, etc…la rubrique « dans le rétro » .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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